Compte-rendu des RDV de Colombes Respire avec les élus de Colombes

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Depuis un an, des membres de Colombes Respire sont allés à la rencontre de nouveaux élus de Colombes pour discuter avec eux des projets de la nouvelle équipe en matière d’écologie urbaine. Plus exactement, nous voulions des précisions sur les mesures envisagées pour améliorer la qualité de l’air et la végétalisation, deux des axes d’action de notre association. Pour ce qui est des mobilités douces, c’est l’association MDB Colombes à vélo qui est à la manœuvre et nous vous invitons à suivre leurs actions sur leur site https://mdb-idf.org/category/nos-relais-locaux/colombes/.

Voici un compte-rendu de ces échanges. Nous pourrons en discuter lors des prochaines apéros et rencontres de notre association !

1/ Le 24 septembre 2020 et le 29 mars 2021, nous avons échangé avec Léopold Michalet, maire adjoint “Transports, mobilités et qualité de l’air”

La qualité de l’air est une préoccupation de la nouvelle municipalité, c’est un fait. Son amélioration passera en partie par une réduction des émissions automobiles. Pour y parvenir, la Ville a rejoint la Zone de Faible Emission (ZFE) du Grand Paris (pour rappel, l’ancienne municipalité a voté contre quand la Métropole du Grand Paris, pourtant présidée par un élu des Républicains, Patrick Ollier, l’a mise en place en 2017). Concrètement, cela signifie l’interdiction progressive des véhicules polluants Crit’Air 4 et 5 depuis le 1er juin 2021.

La Municipalité prévoit surtout de mettre en œuvre les 30 km/h sur tous les axes communaux (les voies départementales ne pourront pas être concernées) d’ici « bientôt », nous a-t-on promis !

Les zones de rencontre 20 km/h seront maintenues (rue Saint-Denis, rue Félix-Faure près de la gare des Vallées…) : ces zones sont installées là où les flux de piétons sont plus importants que les voitures. Les limitations de vitesse ne sont toutefois pas toujours respectées ! Il faudra sans doute prévoir des actions à ce sujet.

Enfin, concernant les bus de la RATP qui s’avèrent encore polluants, une discussion est en cours avec Ile de France Mobilité, l’opérateur de tous les transports en commun pour la région, pour disposer de nouveaux bus à hydrogène (aujourd’hui, ils arrivent sur Nanterre qui a une station hydrogène), voire avoir une station hydrogène à Colombes aussi. La RATP devrait effectuer des aménagements de voirie au niveau du carrefour Valmy, vers l’autoroute, pour une circulation plus fluide des bus et des voitures. Il aurait été préférable d’agir aux carrefours du pont de Bezons, place Aragon ou place du G. Leclerc (carrefour de la vieille église) qui sont plus polluants mais c’est le Département qui choisit selon la mairie.

L’autre source de pollution de l’air extérieur est le chauffage au fioul, dû aux  anciennes chaudières et à la mauvaise isolation de certains bâtiments. Pour les particuliers, il existe des aides de l’Etat ou d’autres organismes. Pour aller plus loin, la mairie souhaite ouvrir une maison de la transition avec une personne qui pourra conseiller les habitants sur les travaux à faire et les aides existantes. Déjà des permanences de l’association Soliha aide les habitants à mener des projets de transition énergétique et à percevoir les aides comme Ma Prime Rénov’. Un plan de rénovation des bâtiments publics est en projet.

A ce stade, la priorité est donnée à la baisse des émissions de manière générale sur le territoire de la commune, pas forcément à la mesure de la pollution de l’air. C’est pourquoi Colombes Respire a lancé son propre réseau de mesure de la pollution de l’air, pour disposer de vrais chiffres et permettre aux acteurs locaux ou aux particuliers d’agir de façon efficace. Une dizaine de capteurs sont déjà installés dans plusieurs quartiers de la ville. A terme, il y en aura 30. Si la démarche vous intéresse, rejoignez les vigies de l’air de Colombes ou parlez-en autour de vous : https://colombesrespire.org/2021/04/capteurs-citoyens-cest-parti/

2/ Le 20 janvier 2021, nous avons rencontré Jérémy Desarthe, maire adjoint “Transition écologique, au plan climat, à la contribution à la stratégie zéro déchet, à la végétalisation de l’espace public”

Il s’agissait surtout de rencontrer cet élu qui gère plusieurs dossiers en lien avec nos projets/actions et nous avons convenu avec M. Desarthe de plusieurs choses :

– la possibilité d’intervenir dans le programme d’animations autour de l’environnement proposé par le service écologie urbaine ; un atelier sur la fresque du climat et un autre sur la mesure de la qualité de l’air sont envisagés.

– la possibilité de planter un arbre en voyant avec les services municipaux pour préparer cette plantation ; avec la crise sanitaire, cette action a été repoussée plusieurs fois. A suivre…

– l’idée de mettre en relation des personnes ayant un jardin et ceux qui souhaitent faire un potager (à l’image de l’association Veni Verdi) : c’est un gros projet mais en attendant, Colombes Respire s’est portée candidate pour intégrer le futur jardin partagé du Moulin Joly.

– l’intégration dans la future maison de la transition… quand elle ouvrira car rien ne bouge de ce côté en mairie… A suivre aussi !

Les projets de la municipalité en cours et à venir qui nous ont été présentés : le permis de végétaliser, la désimperméabilisation des sols, la rénovation thermique des bâtiments (en commençant par les écoles et le patrimoine d’habitat social de la ville), la revégétalisation d’espaces très bétonnés (cours d’écoles, places…), la carte thermographique, le partenariat avec Environnement 92 pour la plantation d’arbres, le projet de square Marcel-Pagnol, la réintroduction des chauve-souris pour lutter contre les moustiques.

3/ Le 5 juillet dernier, nous avons demandé un entretien à Alexis Bachelay et à Guillaume Bailey, les élus chargés de l’urbanisme,

pour savoir comment la nouvelle municipalité compte lutter contre la densification urbaine et préserver ces espaces verts trop peu nombreux à Colombes. Cette réunion faisait suite à un courrier envoyé au maire en juin.

Nous avions des propositions :

1re proposition : pour plus de transparence : publier sur le site internet tous les projets immobiliers en cours et les PC accordés pour des projets d’habitat collectif.

La réponse des élus : Compliqué à moyen terme car pour le moment, les données du service du droit des sols ne sont pas numérisées. L’objectif est de numériser ces données d’ici fin 2022 et de mettre ces infos en open data sur le site internet de la mairie (en cours de transformation).

Par contre, l’accès aux dossiers de PC est simplifié et les élus incitent les habitants à se rendre au service Urbanisme en cas de questions. Les données sont libres d’accès.

Il existe par ailleurs le Mémento communal des Hauts de Seine qui compile des données statistiques fiabilisées sur la population, l’usage des sols, l’habitat et le logement, ainsi que des informations sur les activités économiques et les transports.

2e proposition : accorder la possibilité à des collectifs/associations d’investir un terrain en friche avant la construction par le biais de conventions (un peu comme l’Agrocité que Philippe Sarre avait autorisé à s’installer).

La réponse des élus : Pourquoi pas, la mairie ne semble pas contre cette idée.

Exemple : dans la ZAC Charles de Gaulle Est, une école prévue d’être construite ne le sera pas ; cela libère 4000m² de surface disponible qui permettrait à des associations d’occuper le lieu de façon temporaire…

3e proposition : Etablir un barème de l’arbre (https://www.baremedelarbre.fr/) comme à Orléans ou Nancy

La réponse des élus : Rien de prévu de ce côté-là pour l’instant ; le service des espaces verts a prévu déjà de répertorier le patrimoine arboré de la ville.

… et des questions :

1. Quel est l’objectif de la mairie en matière de construction de logements ? quelle trajectoire démographique est visée ?

La réponse des élus : Colombes compte aujourd’hui environ 87000 habitant (dernier recensement).

De 2014 à 2020, sous l’ancienne municipalité, environ 6000 logements ont été programmés (aujourd’hui dans différents états : terminés, autorisés ou lancés).

Arc Sportif :

Autres ZAC

Hors ZAC (ce qui est appelé « le diffus ») : 1000 logements

Tous ces programmes sont ou seront livrés entre 2020 et 2025. Pas de réponse claire sur la suite sauf que les élus ont affirmé qu’il y aurait une baisse de la construction de logements.

Sur la question de préserver les friches urbaines, trois points importants :

-Il n’y a plus beaucoup de terrains publics en friche à Colombes car la plupart ont été vendus, donc il reste peu de marges de manœuvre…

-La mairie souhaite les préserver (sauf une, celle du 64 av. du pdt Allende, lire plus bas) et les transformer en terrains non constructibles lors de la prochaine révision du PLU.

-La mairie semble vouloir aménager des jardins partagés dans plusieurs quartiers .

2. Quelles sont les contraintes d’une ville comme Colombes en matière de construction de logements ?

La réponse des élus : Un « objectif de construction de logements » est défini par le préfet. Sur la période 2014-2020, la municipalité a construit 3 fois plus que l’objectif donné par la préfecture (fixé à 2000 logements sur 6 ans). Mais cette « avance » n’entre pas en compte dans les prochains objectifs qui seront fixés par la préfecture.

Sur la programmation 2020-2026, la mairie ne nous a pas donné le chiffre fixé par la préfecture mais le nombre de constructions sera plus bas. En 2021, 1 PC a été délivré pour un programme collectif 

3. L’engagement de la nouvelle municipalité lors de la campagne des municipales était de revoir les PC en cours pour limiter les éventuels impacts négatifs sur l’environnement : combien de PC ont été modifiés depuis juin 2020 ?

La réponse des élus : Certains projets étaient déjà trop loin dans la construction pour pouvoir s’opposer (Arc sportif/ rue Félix-Faure/ avenue Henri-Barbusse/ avenue de l’Europe/ av. Gabriel-Péri…). D’autres PC ont été stoppés et la mairie a pu infléchir les projets, surtout là où les riverains avaient formé une association et s’étaient battus. 

Exemples de PC revus par la nouvelle municipalité présentés par les élus

Pour le quartier de l’Arc sportif : plus de végétalisation a été imposée, la préservation des arbres à l’angle du bd de Valmy avant le dernier bout menant à l’A86. Le golf, qui n’était pas prévu dans le PC, devient un parc, et la ferme urbaine piscicole sera réalisée, constituant une barrière entre le quartier et l’A86.

Projet avenue Gabriel-Péri (90 logements) : il s’agit de 5 pavillons qui ont été achetés par un promoteur. Le PC a été déposé en mai 2020. Le PC initial respecte le PLU. Le promoteur a été convoqué pour revoir son projet : il a changé d’architecte et réduit la surface de construction de 6000 à 5200 m² (-800 m2 soit -15%). La construction a aussi été réduite en hauteur. Il y aura des jardins en commun. Les riverains sont en contact avec la mairie et ont été rassurés par le projet plus vert, moins « mur de béton » et avec des jardins partagés.

Projet rues Stalingrad/M.Lépine (130 logements) : un PC a été accordé sous l’ancienne mandature au promoteur Kaufmann and Broad pour construire un bloc d’immeuble adossé à des pavillons. Le projet se situe sur des terrains dont une partie appartient à la ville. Les riverains s’étaient constitués en collectif et la mairie s’est appuyé sur ça pour freiner le PC et imposer plus de verdure, plus de distance avec les pavillons, moins de hauteurs uniformes dans les constructions, aussi grâce au fait qu’elle détenait la propriété d’une des parcelles sur laquelle les logements se construisaient. La Ville a convoqué K&B qui a changé d’architecte et le projet a été revu pour qu’un espace soit ménagé entre le bloc d’immeubles et les pavillons et qu’un jardin et un passage soient créés entre les pavillons et l’immeuble. Les riverains avaient créé une association. Le projet modifié a été présenté aux riverains. Ce projet aura signé la nouvelle Charte municipale sur la construction durable.

Projet rues Stalingrad/ du Progrès (180 logements) : un permis initial a été déposé en 2019. Il existe maintenant un permis modificatif suite aux demandes de modifications de la mairie : il y aura du bardage bois sur la façade et de la végétation sera ajoutée.

Entre rue Ambroise Paré et rue Ampère (60 logements) : le PC a été déposé et accordé en 2018. Il y a 5 pavillons qui ont été achetés et vont être démolis.

4. Sur la nouvelle Charte pour l’aménagement et la construction durable, quand sera-t-elle appliquée ? A-t-elle déjà été signée pour certains projets ?  

La réponse des élus : la Charte est appliquée depuis le 18 mars 2021, date à laquelle elle a été votée en Conseil Municipal. Elle concerne les projets d’habitat collectif et vient renforcer le PLU (Plan local d’Urbanisme) dans l’attente de sa modification (et de sa transformation en PLUI en lien avec le territoire Boucle Nord de Seine). Les projets ayant obtenu un PC avant le 18/3/2021 ne sont pas obligés de la signer mais certains promoteurs ont néanmoins apporté des modifications à leur projet.

Le coefficient de biotope de 0,6 affiché comme critère par la charte, va permettre qu’un bâtiment qui est sur une parcelle trop petite pour respecter le pourcentage du PLU de « pleine terre », devra compenser avec des toits végétalisés ou des murs végétalisés pour pouvoir atteindre le coefficient.

Ce coefficient de biotope de 0,6 sera un minimum pour que le PC soit accordé.

5. Sur le PLUI en cours d’élaboration : comment va se passer le transfert de cette compétence au territoire ? quels sont les changements apportés aujourd’hui en plus de ceux annoncés dans la charte ?

La réponse des élus : Le Plan local d’Urbanisme, jusqu’alors géré par la ville, est du ressort de l’intercommunalité Boucle Nord de Seine depuis sa création en 2017 (en lien avec la création de la métropole du Grand Paris qui a imposé aux communes de se regrouper en territoire, avec chez nous, le territoire Boucle Nord de Seine qui compte 7 villes : Colombes, Bois-Colombes, Asnières, Villeneuve-la-Garenne, Gennevilliers, Argenteuil, Clichy). Le PLU va donc devenir le PLUI (I pour intercommunal) et chaque ville pourra y défendre ses spécificités et exigences en matière d’urbanisme. Le PLUI est en cours d’élaboration et les habitants devraient être interpellés l’an prochain à ce sujet.

6. Si une construction privée ne correspond pas (ou plus) aux règles d’emprise au sol ou de respect de surfaces plantées en pleine terre, quelles sont les leviers possibles de la commune pour faire respecter ces règles ?

La réponse des élus : C’est très compliqué pour la mairie de savoir exactement ce qui se passe pour les constructions privées ou les ventes de petits terrains. En général la commune est avertie par les voisins et elle peut alors intervenir. Mais la transformation d’un terrain coupé en deux et vendus comme 2 parcelles (avec le plus souvent, la suppression du jardin et des arbres) relève du domaine privé et la mairie ne semble pas armée pour stopper ce type de vente.

7. Sur les cas concrets sur lesquels on a été interpellé, sur des terrains privés, que peut faire la mairie ?

Pour la friche du 64 rue du Pdt S.-Allende :

La réponse des élus : La mairie a décidé de ne pas construire sur aucune des friches lui appartenant, sauf une, celle du 64 av. du Pdt S. Allende.

La Ville a acheté ce terrain à une certaine époque mais le projet a été oublié et rien n’a été fait. Le terrain sera vendu à l’APEI (Association de Parents d’Enfants Inadaptés) pour une valeur de 1 million d’euros, ce qui représente des ressources non négligeables pour la municipalité. La mairie est en attente du projet de l’APEI pour le PC. L’APEI est actuellement logée rue Gounod, proche du square E.Quinet. Au départ il y avait un projet de rénovation des locaux de la rue Gounod, mais lorsque l’APEI a entrevu la possibilité de construire de nouveaux locaux, elle a convenu que cela serait beaucoup plus facile. Ensuite le Département a appuyé le projet en imposant de rajouter des logements supplémentaires aux 11 logements prévus afin d’accueillir des personnes venant d’autres communes.

Colombes Respire a demandé d’être mis en contact avec l’APEI pour imaginer un jardin partagé ouvert aux riverains ce qui favoriserait d’ailleurs l’insertion des résidents de l’APEI + d’imaginer une convention pour utiliser le terrain temporairement avant le début des travaux.

Autres terrains : Les bâtiments rue Gounod seront vendus et l’immeuble agrandi (plus de hauteur). Nous avons fait remarquer que cette construction rajoutait de la densification au quartier Europe, qui a déjà subi beaucoup de projets immobiliers récemment (carte open date à l’appui) et qui souffre comme le reste de Colombes de l’absence d’espaces verts. A.Bachelay a répondu en dévoilant le projet de transformer, non loin de là, un espace vert (ayant déjà beaucoup d’arbres) à l’angle avenue d’Europe et la rue Olympe en parc aménagé. Le terrain appartient actuellement à I3F . Nous avons répondu que c’était de l’aménagement et non de la création d’espaces verts (l’endroit est déjà ouvert au public et non clôturé), nuance importante à nos yeux.

Pour les projets des rues Félix-Faure et rue Ernest-Renan : il faut absolument que les riverains se rapprochent du service Urbanisme pour consulter les dossiers de PC et qu’ils demandent un rdv aux élus ; c’est d’ailleurs ce qu’on peut répondre aux habitants qui nous interpelleraient sur ce type de dossier. La mairie semble volontaire pour accompagner les riverains face à des promoteurs immobiliers ; après, elle ne peut pas s’opposer à des projets en règle ou à des promoteurs à qui un propriétaire aurait vendu son terrain.

8. Concernant le futur square Marcel-Pagnol (îlot 26 Estienne-d’Orves/Gabriel-Péri), où en est-on ? Il y aurait un projet d’extension de l’école et un projet de construction d’habitations ?

La réponse des élus : Le projet se fera en 3 phases : il y aura d’abord l’extension de l’école sur le terrain de l’îlot 26 côté rue d’Estienne-d’Orves, puis la création d’un parc là où se trouvent les pavillons et l’église évangélique ; et enfin sur la parcelle restant, l’extension de ce même parc ou peut-être un autre projet (agriculture ?), la destination du projet n’est pas encore définie.

C’est la CODEVAM qui s’occupe de ce projet. Le maire P. Chaimovitch est président de la CODEVAM depuis septembre 2020 et une directrice générale a été embauchée pour gérer la CODEVAM et l’ASCODEV (ces 2 entités vont fusionner).

Voilà un compte-rendu de tous les entretiens menés depuis 2020 par Colombes Respire. Il devrait y en avoir d’autres dans les mois à venir. N’hésitez pas à nous envoyer un mail si vous souhaitez plus de précisions sur un point.